Interview : Mohamed Kazaliou Noyoko secrétaire général de la commune rurale de Friguiagbé

  • PAR admin
  • 12 février 2018
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« Ce n’est pas seulement l’argent de la CBK qui nous permet de réaliser les infrastructures, la gestion des collectivités c’est une caisse unique, nous élaborons le budget on fait un PAI conformément aux besoins de la Commune Rurale »

Votre commune a reçu une somme de 670 Millions de francs des redevances versées par la CBK au titre de sa contribution au développement en 2017. Quelles sont les projets en vue de réalisation au compte de ce montant ?
Friaguiabé est une zone minière par excellence, annuellement la Compagnie des bauxites de Kindia CBK verse des redevances. C’est un montant destiné en réalité aux investissements, aux infrastructures que ça soit scolaires, sanitaires etc… Pour le cas de friguiagbé, l’année passée le montant a servi à la construction d’un poste de santé, la rénovation du grand marché du centre , le centre culturel Hafia 77 qui était dans un état de délabrement .
En ce qui concerne l’année 2017, le Programme annuel d’investissements PAI priorisait l’entretien des bâtiments administratifs. Le montant a servi au dédommagement des propriétaires d’un terrain qui a servi à la construction d’un marché dans le district de foulaya où les populations réclamaient cette infrastructure. Il y a eu un projet qui nous a appuyés pour la réalisation de ce marché, la commune a déboursée un montant de 80 millions de francs pour assurer le dédommagement. Ensuite, il y’a une école de trois salles de classes qui est en cours de réalisation dans le district le plus impacté qui est Camaraboungni. Ce montant nous a permis de réaliser également deux forages dans le second district impacté, Koliagbé.
Ce n’est pas seulement l’argent de la CBK qui nous permet de réaliser les infrastructures, la gestion des collectivités c’est une caisse unique, nous élaborons le budget, on fait un PAI conformément aux besoins de la Commune Rurale. Donc, c’est ça en quelque sorte.
Quelle est l’état d’avancement des travaux en cours sur le terrain ?
Les forages sont à 100%, l’école est à 70% hier moi-même j’ai effectué un déplacement sur le terrain pour vérifier l’état d’avancement des travaux. Le marché à foulaya est réalisé par un projet étant donné que le terrain a été acheté par la commune, l’Etat d’avancement est à 80%, la toiture est déjà faite, le marché est accompagné d’un forage et des latrines publiques.

Vous n’avez pas eu de problèmes parfois avec les entreprises par rapport au retard dans l’exécution des travaux comme on le constate souvent ?
Pour le moment nous ne sommes pas confrontés à ce problème. S’il ya retard avec les entrepreneurs, c’est ailleurs avec les collectivités, il n’ya pas de retard. Nous sommes là pour ça. Il faut qu’ils atteignent le niveau d’exécution requis pour avoir droit à un deuxième payement. Nous exigeons d’ailleurs que l’entrepreneur s’il a les possibilités de préfinancer, de le faire, pour qu’on soit rassuré qu’il va achever l’édifice. Vous savez dans les collectivités, un bon gestionnaire ne peut pas se hasarder à commencer une infrastructure sans l’achever. Ce n’est pas normal. C’est permis, mais quand nous entamons une infrastructure en 2017 il faut obligatoirement l’achever.
Est-ce que vous êtes satisfaits de la qualité des réalisations ?
Bien sûr, parce que cette fois ci au fur et à mesure nous tirons les conclusions. Cette fois ci nous avons fait venir un bureau d’étude qui assure le contrôle. C’est quand il va nous faire un écrit nous demandant de payer un entrepreneur que nous nous le payons.
Les entreprises bénéficiaires des marchés sont-elles locales ?
On fait un appel d’offres sur le plan national, généralement la main d’œuvre locale c’est des entreprises qui ne sont pas dans les normes vis-à-vis des lois. Alors, nous sommes condamnés à donner le contrat à qui de droit. Quand on fait un appel d’offres, l’adjucataire prend le marché même s’il n’est pas de la localité. Mais qu’il soit guinéen, de la région ou de la préfecture. Présentement, on a de la chance à travers nos conseils, certains entrepreneurs acceptent de se mettre dans les normes, de se formaliser. Par exemple, le forage est fait par un fils de Kindia, l’école est en train d’être réalisée par un fils ressortissant de Forécariah qui réside à kindia toujours dans la région. Alors c’est lui qui était dans les normes parmi tant d’autres postulants. Le centre de santé de kanty a été réalisé aussi par un fils de kindia.
Nous, notre objectif est de pousser les jeunes de la localité, des diplômés sans emploi à se constituer en groupement d’entreprises pour pouvoir réaliser certaines infrastructures dans les normes. Pour cela, ils doivent s’organiser et apprendre. Tel est le conseil que nous leurs donnons. Cela pourrait se matérialiser les années à venir 2018, 2019 …
Quel est l’apport des services techniques préfectoraux notamment, le Service préfectoral de développement SPD dans la réalisation des projets de développement dans votre collectivité ?
Spécialement le SPD travaille de commun accord avec la CR. Il nous apporte un appui-conseil, ils sont là à nos côtés pour ça. Ils nous appuient techniquement dans la réalisation des infrastructures. Le principe voudrait que le SPD soit impliqué à toutes les phases. Le SPD est impliqué, de la passation des marchés, au contrôle technique en passant par l’élaboration des PAI.
Est-ce que le SPD fait des contrôles ?
Oui, ils font des contrôles après la réalisation. Ils font des contrôles périodiques en même temps que les bureaux d’études et les ingénieurs conseillers. Les remises provisoires et définitives se font en leur présence.
Avez-vous pensés à la réalisation des projets d’appui aux entreprises locales allant dans le sens de la création des activités génératrices de revenus à travers des fonds issus du secteur minier ?
Les années antérieures ça n’a pas été le cas, mais c’est en perspectives. Faute de moyens, la collectivité ne dispose pas de fonds suffisants qui la permettent de fonctionner comme ça se doit. Sinon dans les conditions normales, c’est des gens qui doivent être encadrés par la commune. On a un autre problème, même quand on convoque une réunion les gens pensent qu’ils viennent prendre de l’argent. Ça fait que, la commune pour convoquer une réunion doit avoir les moyens de payer les frais de transport des gens, donc c’est ce qui fait défaut.
Par ailleurs les fonds destinés à l’investissement ne peuvent pas être utilisés à cet effet. On ne peut pas se hasarder à faire cela. Selon la nomenclature budgétaire, c’est les recettes propres qui font fonctionner la commune. L’incivisme est là, les gens n’acceptent pas de payer les taxes, ils ne payent pas. Par exemple c’est quand le droit de marché est payé, que la commune est en mesure de prendre en charge les primes et indemnités des agents communaux : le maire, le secrétaire général, les matrones dans les postes de santé etc… Mais force est de constater qu’ils ne payent pas les taxes.
Il faut de gros efforts de sensibilisation des populations pour que cette situation change, surtout dans nos collectivités. Les citoyens doivent changer de comportement, avant de réclamer, il faut d’abord s’acquitter de ses devoirs vis-à-vis de l’Etat. Ils ne payent pas hein, c’est ça la réalité.

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