Alors que le projet Simandou est célébré comme un moteur économique pour la Guinée, le deuxième rapport annuel de suivi d’Action Mines révèle une réalité sociale et environnementale alarmante. Entre sources d’eau taries et mécanismes de plainte grippés, le document dresse un inventaire chiffré des défis qui menacent les communautés riveraines. Le suivi indépendant effectué par les comités à la base montre que l’envergure du projet s’accompagne de dommages collatéraux majeurs pour les populations de Forécariah, Kindia, Mamou, Beyla et Kérouané.
En termes de ressource en eau, 34 localités subissent une dégradation de la qualité de leur eau de boisson due aux travaux, tandis que 18 autres font face à un tarissement ou une baisse critique du débit de leurs sources.
Parlant de patrimoine et de biodiversité, le rapport dénombre la destruction de 40 forêts sacrées et sites culturels, ainsi que l’impact sur 18 zones à forte biodiversité.
En termes de moyens de subsistance, 47 zones de cultures (champs et plantations) ont été impactées, menaçant la sécurité alimentaire des communautés locales.
Sur le plan de la santé et de la sécurité, l’augmentation du trafic a causé 27 accidents de la circulation, et la poussière générée par les travaux a créé 15 foyers de maladies respiratoires.
En matière d’accès à la justice le rapport a prouvé que sur 58 plaintes communautaires documentées, seules 12 ont trouvé une issue satisfaisante, illustrant l’inefficacité des mécanismes de gestion actuels.
Face à ces constats, Action Mines Guinée ne se contente pas d’alerter mais propose une feuille de route concrète à tous les acteurs impliqués pour rectifier le tir.
A Rio Tinto Simfer et Winning Consortium Simandou de prendre les mesures de restauration immédiate afin de rétablir l’accès à l’eau potable dans les zones impactées et fournir des sources alternatives durables. Le rapport recommande aux entreprises de réformer leur mécanisme de gestion des griefs à travers la transparence dans la gestion des plaintes, ce pour garantir des réponses rapides, justes et documentées. Elles doivent promouvoir une indemnisation juste en procédant au paiement intégral et équitable des compensations pour les terres et cultures détruites.
Quant à l’État guinéen il lui revient de droit à faire une surveillance accrue par la régularité des inspections environnementales et sociales sur toute la ligne du projet. Le rapport invite l’Etat à veiller à ce que le développement du projet ne se fasse pas au mépris du Code Minier et des normes internationales.
Les communautés riveraines de leur part doivent renforcer le leadership interne et les capacités de négociation structurée pour faciliter le dialogue d’égal à égal avec les entreprises. Elles doivent poursuivre la collecte rigoureuse de données sur les impacts pour soutenir le plaidoyer.
Le deuxième rapport annuel ci-joint pour plus de détails 2eme Rapport d’impact Annuel- SIMANDOU VF


