Entre GAC, BECOP et le contrôleur préfectoral du travail, qui trompe les flags-mens ?

  • PAR admin
  • 18 décembre 2017
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Le contrat de 40 éclaireurs communément appelés Flag-mens (indicateurs de passage aux conducteurs de camions, Ndlr) de Sangaredi, Boké, Kolaboui et Kamsar viennent d’être suspendu par BECOP, une sous-traitante de GAC sans explication.
Les désormais anciens travailleurs (Flag-mans) de la société Guinea Alumina Corporation (GAC) passés sous la tutelle du bureau d’études, de conseils d’orientation et de placement du personnel (BECOP) viennent de voir leur contrat suspendu. Dans sa négociation avec le gouvernement GAC devrait exporter 900 mille tonnes de bauxite brute à son usine de Mubadala, aux Emirats Arabe Unis pour des essais industriels. Après avoir transporté environ 200 mille tonnes, l’entreprise suspend le transport du brut pour l’instant. C’est ainsi que les éclaireurs recrutés au départ par GAC puis sous le contrôle de BECOP ont vu leur contrat s’envoler en l’air.
GAC par la voix de BECOP aurait annoncé la suspension du transport de sa bauxite et n’entend pas dédommager les travailleurs qui ont signé un contrat de 3 ans avec cette dernière.
Sur le contrat qui lie les deux parties, on voie la signature et le cachet de l’agence guinéenne pour la promotion de l’emploi (AGUIPE). Contacté par notre rédaction, M. Paul Kourouma, responsable de l’AGUIPE au niveau de Boké dit ne pas être au courant de cette situation. Après vérification avec sa direction à Conakry, Monsieur Kourouma affirme que l’AGUIPE n’a jamais été mêlée ni de près ni de loin à la négociation de ces contrats. « Aucune personne de l’AGUIPE n’a signé ces contrats. D’ailleurs nos cachets sont très différents de ce qui se trouve sur ces contrats. Alors quelqu’un a fait usurpation de titre en utilisant notre nom et signer au nom de l’AGUIPE », explique-t-il.
Selon des sources sûres, c’est un certain Mansaré, contrôleur de travail au niveau de la préfecture de Boké qui aurait signé et qui a confectionné un cachet au nom de l’AGUIPE. On apprend que Mansaré aurait avec la complicité de BECOP contresigné les contrats au nom de l’AGUIPE. Pour recouper les informations, nous avons tenté de joindre en vain Monsieur Mansaré au téléphone. Il est actuellement introuvable dans la préfecture de Boké et que même les autorités ne sont pas au courant de sa destination.
Le cri de cœur d’un travailleur en détresse
Depuis la suspension de leur contrat, les éclaireurs sont exposés à la précarité. Ni BECOP, ni GAC encore moins le nommé Mansaré en fuite n’a pu clarifier la situation des éclaireurs.
« Il y a GAC qui nous a recrutés pour la sécurité des camions de transport de bauxite entre son site de Tinguilinta et le port à Kamsar. Notre travail était de remplacer les piquets d’accès. Nous surveillons de 20h à 5 h du matin et sans prime de transport, de communication ou autre. Après six mois de travail avec GAC, on nous a passé sous contrat avec une entreprise sous-traitante appelée BECOP. Dans le contrat, une partie est signée et l’autre non. C’était un contrat de 3 ans, mais après quatre mois de travail sous contrat on nous dit par l’intermédiaire du payeur que notre contrat est suspendu », explique un jeune sous anonymat.
Il dénonce une corruption au sein de l’entreprise. « Même au moment de la paie, le payeur de BECOP soutirait 75.000 GNF du salaire de chacun d’entre nous. On ne sait pas où il envoi ça et pourquoi il diminue notre salaire. Nous demandons à BECOP de nous réunir pour nous dire ce qu’il y a lieu de faire, parce qu’il y a un contrat qui nous lie. Mais nous allons leur prouver que nous sommes des humains. On a contacté BECOP, mais on nous dit souvent de patienter, qu’ils attendent GAC. Ça ne peut pas marcher comme ça. Il faut qu’on nous dédommage», soutien-t-il.
Pour lui, si les flag-mans ne sont pas dédommagés, ils sont prêt à aller jusqu’au niveau de la justice pour être rétablis dans leur droit.
Aux dernières nouvelles, la situation reste confuse et les éclaireurs n’ont que leurs yeux pour pleurer.

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