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Carrière de granite de Maferinya : l’espoir de toute une communauté suspendu

  • PAR admin
  • 17 avril 2018
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A Maferinya, près du village de Koniakhory, district de Madinagbé, la société chinoise SCETJH  exploite du granite depuis 2016. Aujourd’hui le site d’exploitation fait l’objet de litige entre deux départements ministériels. Ce qui empêche les travaux à se poursuivre. La communauté est sur le qui-vive. Pour connaître comment cette carrière est gérée par les autorités locales, AMINES a interrogé le sous-préfet, Moustapha Touré. Interview !

Faites-nous l’état des lieux de l’exploitation du granite dans votre localité ?

Cette exploitation est rentable pour les collectivités de Maferinya en général et les communautés environnantes de la carrière en particulier. Il y a une répartition des taxes que payent les exploitants des carrières selon l’arrêté conjoint des ministres de l’économie et des finances et celui des mines et de la géologie. Ce, conformément à la nature des minéraux exploités. Pour le granite c’est environ 2 dollars US le mètre cube. Le district qui abrite la carrière a 10%, la commune rurale 15%, la préfecture 25%, le budget de l’Etat 20% et le fonds minier 30%. La production est totalisée par des agents postés sur le terrain de commun accord avec les collectivités et la direction préfectorale des mines et carrières. La comptabilisation est faite par un agent des mines et le versement est fait en monnaie locale en fonction du taux du jour.

Quels rapports existent-ils entre autorités et l’entreprise ?

Nous entretenons de bonnes relations de collaboration. Après avoir obtenu son permis d’exploitation, l’entreprise a rencontré les habitants des villages environnants pour obtenir leur accord. On ne peut pas exploiter du minerai, quelle que soit sa nature dans une localité sans qu’il n’y ait des petits problèmes. C’est par exemple quand les populations expriment leur colère contre la poussière ou la fissure des maisons causée par le dynamitage, elles barricadent parfois la route. Ce sont des choses qui doivent être compensées normalement. Mais, nous parvenons à cerner ces petits problèmes. On demande à la société d’arroser la piste, ça c’est fait au moins deux fois par jour.

Faites-vous un suivi pour savoir si la société dédommage ceux qui ont leurs maisons fissurées ?

Le district de Madinagbé qui abrite la carrière nous remonte ce genre de problèmes et nous discutons avec l’entreprise qui prend souvent des engagements. Certaines promesses sont tenues. Mais parfois les communautés demandent à l’entreprise des choses qui ne se trouvent pas dans le contrat. Les habitants de Koniakhory ont demandé l’électrification de leur village. La société a accepté. Des câbles sont achetés et ils sont en train de  voir comment envoyer le courant jusqu’au chef-lieu du district. Il faut toujours faire des concessions des deux côtés. Entant qu’autorités, nous faisons la médiation entre les communautés et l’entreprise pour l’intérêt de toutes les parties.

Que faites-vous pour que les taxes perçues soient bien gérées tant au niveau du district qu’au niveau de la commune rurale ?

J’ai la conviction que ces montants sont bien gérés. Pour ce qui doit revenir au district, je veille à ce que cela arrive aux responsables du district, mais je ne m’interfère pas dans la gestion. C’est bien géré quand même, parce qu’ils ont construit un bâtiment pour le siège du district et le bureau a commencé à construire un marché pour les femmes du district. Ce sont des fonds issus de l’exploitation du granite, parce que le district n’a pas autre revenu.

Quant à la part de la commune rurale, elle est aussi bien gérée. C’est grâce à ces recettes que nous sommes en train de construire une cour au bureau de la commune rurale.

Parlant des dégâts environnementaux, comment parvenez-vous à amoindrir les effets sur l’environnement ?

Ça c’est une préoccupation. Le revenu de l’exploitation est redistribué, mais les dégâts environnementaux sont toujours laissés au compte des collectivités. La poussière dégagée par l’extraction ou le transport du granite se dépose sur les arbres fruitiers, les champs ou les potagers. Ça diminue le rendement agricole. La poussière ne peut que suivre la direction du vent, on ne peut rien contre ça. Il y a lieu de voir si on peut prévoir quelque chose pour ça. De toutes les façons, on doit juguler les impacts négatifs et positifs, parce qu’on ne peut pas exploiter sans impacter l’environnement.

Les ministères des mines et de l’industrie se disputent de la paternité du domaine qu’occupe l’entreprise. Où en êtes-vous pour la gestion de ce différend ?

De Copora à Salguidia en passant par Sifra, l’usine de jus de fruits a pris plusieurs appellations. En fait, le département de l’industrie estime que la carrière se trouve dans le domaine de Salguidia qu’il gère d’office. Donc il y a un quoique. Premièrement, un domaine qui contient le granite n’est pas propice à la culture d’ananas. Deuxièmement, selon nos lois, l’exploitation des ressources du sous-sol revient au ministère des mines et de la géologie.  A un certain moment, cela a causé la fermeture de la carrière. Parce que leur permis était expiré. L’entreprise a renouvelé son permis et les deux départements ont été mis autour de la table. C’est le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation  qui a géré le problème. Nous,  autorités locales, jouons le rôle de médiation entre les deux parties supposées en conflit. Mais on doit privilégier l’intérêt des communautés, mettre l’intérêt national en avant.

Parlant du contenu local, est-ce que l’entreprise est en train de mettre en œuvre cette initiative de bonne gouvernance ?

La majorité des chauffeurs et gardiens au niveau de cette entreprise sont des jeunes de Maferinya. Mais il y a lieu de s’intéresser à leur traitement. Est-ce qu’ils ont un bon salaire ? Est-ce qu’ils ont des tenues ? Est-ce qu’ils ont des congés annuels ? Nous devons mettre tout ça dans l’ordre.

Il y a aussi l’inspection générale du travail qui effectue des visites sur le site  pour comprendre les conditions de traitement des travailleurs.

Quel appel lancez-vous aux différentes parties prenantes ?

Un investisseur qui arrive chez toi, est venu ajouter un plus à tes activités génératrices. Tout le monde doit gagner son compte. Alors, il faut qu’il y ait des concessions, des dialogues pour que chacun profite mieux des richesses tirées du sous-sol.

Mamadou Oury Bah

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